© David Thomas (2001)
Souper-projection - 05
6 avril 2010
En collaboration avec le restaurant L’Atelier, Dazibao a le plaisir de vous présenter des œuvres vidéo originales d’artistes d’ici et d’ailleurs. Une occasion extraordinaire d’éveiller tous vos sens en agréable compagnie ! Cette soirée s’inscrit dans le cadre de notre campagne de financement. L’Atelier nous fait généreusement don d’une partie des recettes de la soirée: votre présence est doublement appréciée !
Nancy Baric & Nicolas Renaud
3 Experiments on Super 8 (2007). Film super-8 mm transféré sur vidéo, 4 min. 30 sec.
3 Experiments on Super 8 est une compilation de trois courts films, tournés « image par image »; l’effet visuel d’animation est réalisé à même la caméra, sans montage. Par cette stratégie, Baric et Renaud tentent de mettre en évidence le rapport qu’entretient notre perception avec les principes mécaniques et optiques qui sont à la base du cinéma. Procurant une expérience quasi hypnotique, l’œil perçoit le défilement des images fixes en même temps qu’il opère une surimpression de plus d’une image, unissant dans une même fraction de seconde des instants discordants où l’espace éclate en mélangeant ses formes et ses couleurs.
Nicolas Renaud a fait des études en cinéma à l’Université Concordia. Depuis 1998, il a exposé plusieurs installations vidéo au Canada et en Europe. Il a réalisé le documentaire La Bête du Lac (2007) et de courts films expérimentaux. Il est cofondateur et coéditeur de la revue en ligne Hors champ depuis 1996.
Nancy Baric détient un baccalauréat en cinéma de l’Université Concordia. Elle a scénarisé et réalisé des courts-métrages de fiction et des films expérimentaux diffusés dans divers festivals, ainsi qu’un documentaire et des vidéo-clips.
Katrin Hornek
Houseplan (2008) – Vidéo, 4 min. 30 sec.
Katrin Hornek s’intéresse aux structures de pouvoir qui nous entourent, en particulier les structures architecturales, afin de les repenser au moyen de différents médias tels la vidéo, l’installation et le dessin. Artiste multidisciplinaire, Hornek traite des rapports qu’entretiennent les individus avec ces structures, naturelles ou construites. Dans Houseplan, l’artiste dessine un plan pour des souris et l’insère dans leur environnement actuel. Déchiquetant la feuille de papier, les rongeurs se construisent ainsi un nouvel habitat. En modifiant leur milieu, l’artiste tente de démontrer les nouvelles interactions qui émergent entre les souris et les nouveaux systèmes qui animent et reconstruisent l’espace.
Katrin Hornek est originaire d’Autriche, où elle vit et travaille. En 2008, elle obtient son diplôme de la Academy of Fine Arts of Vienna après avoir étudié à la Royal Danish Academy of Fine Arts. Son travail a été présenté dans des expositions individuelles et collectives en Europe comme à l’étranger, notamment à Amsterdam, à Los Angeles et à Copenhague. Elle a récemment reçu une bourse destinée à un projet d’art urbain en Basse-Autriche.
Erika Kierulf
Persephone’s Departure (2010) – Vidéo, 4 min. 18 sec.
Le travail récent d’Erika Kierulf explore des concepts difficiles à interpréter tels l’inconfort, le malaise, l’indécision et l’hésitation. Préoccupée par des questions liée à l’intimité et au banal, Kierulf traite d’entre-états physiques et psychologiques, comme des territoires flous, aux contours indéfinis parce qu’en suspension. Sans artifice, elle utilise le potentiel du regard et de la caméra pour tenter de saisir l’imperceptible, l’invisible. Persephone’s Departure est une œuvre dans laquelle une femme, dans un état méditatif, prépare méticuleusement une pomme grenade, égrenant lentement le fruit exotique. Une douce mélancolie émerge, à la fois belle et poignante.
Erika Kierulf vit et travaille à Montréal. Elle détient une maîtrise en photographie de l’Université Concordia. Récipiendaire de nombreuses bourses, elle présente son travail dans des expositions individuelles et collectives au Canada comme à l’étranger, notamment en Suisse, en Indonésie et au Mexique. Récemment elle présentait l’exposition Chants de lassitude à la galerie Les Territoires et a fait partie de l’exposition collective Drop Out à la Blackwood Gallery (Mississauga) dans le cadre de la Nuit Blanche Scotia Bank à Toronto.
Jocelyn Robert
Le souffle de Montaigne (2009) – Vidéo, 9 min. 32 sec.
Depuis plus de vingt ans, Jocelyn Robert utilise ce qui traîne sous son bureau, les idées notées dans des calepins perdus et momentanément retrouvés. À travers l’art audio, la vidéo, la performance, l’informatique et l’écriture, il accorde un regard nouveau aux formes du quotidien et du banal, à la fois étonnant et singulier. Son travail se trouve à la confluence du hasard et du nécessaire, permettant l’exploration des possibles. Le souffle de Montaigne est une œuvre au potentiel infini, codifiée et entièrement déterminée par l’association d’une note de musique à une image-fixe précise.
Jocelyn Robert vit et travaille à Québec. Fondateur du centre Avatar (1993), son travail est présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives au Canada et à l’étranger, notamment aux États-Unis, au Mexique, au Chili, en Australie et en Europe. Il remportait le Prix du Rayonnement International décerné par le Conseil de la Culture de Québec en 2006. Il enseigne présentement à l’École des arts visuels de l’Université Laval.
Chuck Samuels
Scènes 2, 3 et 4 de Chuck’s Home Movies (2009) – Vidéo, 12 min. 36 sec.
Depuis 1980, Chuck Samuels poursuit à même l’histoire de la photographie et du cinéma une recherche sur les enjeux philosophiques de la mémoire et de la construction de soi dans une œuvre teintée d’ironie. Chuck’s Home Movies fait partie d’un corpus dont le travail est né d’une interrogation sur la nature du lien qui unissait l’artiste à son père, un homme qui toute sa vie a exprimé son amour pour les siens en les photographiant. Revisitant ses archives familiales, ses souvenirs personnels et l’iconographie dans laquelle a baigné son père, l’artiste entrelace faits et inventions, faisant éclore par la construction de sa propre figure une imparable stratégie critique et esthétique : la fiction. Dans Chuck’s Home Movies, l’artiste dénombre et associe librement plusieurs extraits de films mettant en scène une représentation iconique du photographe.
Chuck Samuels vit et travaille à Montréal. Ses œuvres, largement diffusées au Canada comme à l’étranger, font entre autres partie des collections de la Maison européenne de la photographie (Paris), du Musée de la Photographie de Charleroi (Belgique), du Musée canadien de la photographie contemporaine, ainsi que de nombreuses collections privées. Son exposition Before Photography a récemment été présentée à Dazibao.
Mika Taanila
Nocturne (2004) – Vidéo, 3 min. 27 sec. Musique par Stock, Hausen & Walkman (Royaume-Uni)
Verbranntes Land (2002) – Vidéo, 6 min. 35 sec. Musique par Kiila (Finlande)
Depuis plus de quinze ans, Mika Taanila s’intéresse aux expériences scientifiques, aux utopies, aux technologies hier révolutionnaires et aujourd’hui désuètes. C’est à partir de ces apparentes faillites qu’il construit une œuvre riche et complexe, qui intègre diverses disciplines tout en transcendant les limites ordinaires de celles-ci. Architecture, musique, science, philosophie, art et cinéma sont les éléments de base auxquels l’artiste impose un nouvel ordre. Son œuvre est tout entière nourrie de connexions, d’interactions, de collaborations : entre son et image, cinéma documentaire et expérimental, réalité et fiction. Ainsi élaborées, les œuvres de Taanila se révèlent d’une extraordinaire densité.
Cinéaste, réalisateur et artiste, Mika Taanila vit et travaille à Helsinki. Son travail est présenté à l’international, entre autres à Paris, à Zurich, à Helsinki et à Montréal. Récipiendaire de nombreux prix, il a participé aux biennales d’Istanbul et de Berlin, à Manifesta 4, ainsi qu’à d’importants festivals parmi lesquels le Festival International du Film de Toronto, Ars Electronica, le Tempere Film Festival ainsi que de nombreux autres festivals.
David Tomas
End of the Line (2001) – Vidéo en boucle d’une séquence d’une seconde, 1 min.
Stereovision (2007-2008) – Vidéo, 4 min. 52 sec.
David Tomas est un artiste, anthropologue et théoricien dont l’œuvre interdisciplinaire explore les cultures et transcultures de la science, de la technologie et de leurs systèmes d’imagerie. Stereovision fait partie d’un corpus d’œuvres qui explore le potentiel narratif d’images photographiques, proposant ici une métaphore de la fragile historicité du corps humain. End of the Line est une projection en boucle qui « ressuscite » et rejoue à l’infini les secondes finales du film Runaway Train (1985) de Andrei Konchalovsky. Dans cette projection, l’attente cinématographique – dans ce cas-ci l’attente de la mort – est rejouée et suspendue pour toujours dans un espace entre la ligne de chemin de fer et le sillon du disque.
David Tomas vit et travaille à Montréal. Son travail est largement diffusé au Canada comme à l’étranger. Il est un auteur réputé et un théoricien actif ayant, entre autres, publié : Beyond the Image Machine: A History of Vision Technologies (Continuum, 2004), A Blinding Flash of Light: Photography Between Disciplines and Media (Éditions Dazibao, 2004) Transcultural Space and Transcultural Beings (Westview Press, 1996). Il termine présentement un ouvrage qui sera publié par NSCAD University Press.
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