© Bas Jan Ader (1971)

Souper-Projection - 06


4 mai 2010


En collaboration avec le restaurant L’Atelier, Dazibao vous invite cordialement à ses nouvelles soirées souper-projection. Venez découvrir des oeuvres vidéo d’artistes de renom d’ici et d’ailleurs en dégustant des plats raffinés dans un lieu d’exploration culinaire qui met en vedette de fins produits du terroir. Une occasion extraordinaire d’éveiller tous vos sens en agréable compagnie!


BAS JAN ADER
Fall 1 (Los Angeles), Fall 2 (Amsterdam), Geometric Fall, Organic Fall et Nightfall (1970-71). Films 16 mm transférés sur DVD, 8 min. 45 sec.
Gravité d’un corps en chute. Gravité des émotions. Quatre très courts films montrent Bas Jan Ader en chute, tentant de défier la gravité : Fall 1 (Los Angeles), Fall 2 (Amsterdam), Geometric Fall et Organic Fall. Les performances de Ader, créées pour la caméra, suscitent un état d’attente et de contemplation laissant le spectateur à l’affût du moment où il abdiquera de son pouvoir sur la gravité. Dans toutes ces œuvres, Ader nous fait complices d’une tragédie dont il est le héros et que nous échouons à prévenir. Comme plusieurs des artistes conceptuels de son temps, Ader s’est intéressé à la relation entre l’art et la vie et cette très courte période de production intensive a laissé place à un corpus significatif de l’histoire de l’art.
Bas Jan Ader (1942-1975) est d’origine hollandaise mais a vécu et travaillé plusieurs années en Californie. Disparu tragiquement en mer en 1975, alors qu’il traversait l’Atlantique à bord d’un minuscule voilier, l’artiste a laissé une œuvre marquante dont l’influence conceptuelle est particulièrement prégnante actuellement. Depuis les dix dernières années, l’influence de Ader est de plus en plus reconnue. Son œuvre a abondamment été diffusée, notamment au Mexique, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Gravité, présentée à Dazibao en 2009, est la première exposition d’ampleur dédiée à Bas Jan Ader au Canada depuis 1973.

OLIVIA BOUDREAU – La couverture (2010) – Vidéo, 5 min. 05 sec.
Dans ses œuvres, Olivia Boudreau propose un échange intimiste entre la représentation et le spectateur afin d’éprouver sa perception du temps et ce, dans le temps. Par des images en mouvement, quoique essentiellement fondées dans leur forme sur des préceptes photographiques tels la composition, la lumière, la couleur et un cadrage soigné, l’artiste pousse à son paroxysme la sensation et le déploiement de la durée. La couverture, extrait d’un projet de longue durée encore inachevé, est une séquence captant le mouvement d’un drap qui, en alternance, est soulevé par le vent puis rabattu contre la lentille de la caméra. Dès lors, ce qui est donné à voir c’est le mouvement-même, le geste, de ce qui voile et dévoile.
Olivia Boudreau est une artiste de la performance et de la vidéo. Son travail a été remarqué lors de plusieurs expositions récentes à Montréal. Titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQÀM, où elle a obtenu la bourse Pierre Ayot, elle est actuellement en résidence aux Ateliers de création de la Fonderie Darling. A l’automne 2010, son travail sera présenté à la Galerie B-312 ainsi que dans le cadre de la Scotiabank Nuit Blanche à Toronto. Elle vit et travaille à Montréal.

LEIGH DAVIS – The Steam Room (2005) – Vidéo, 7 min. 33 sec., en boucle
Par des œuvres photographiques et des installations vidéo, Leigh Davis cherche à représenter la manière dont les individus occupent, utilisent et conçoivent les espaces intérieurs. En créant des situations dans lesquelles le spectateur pénètre un environnement fabriqué, l’artiste cherche à évoquer une tension entre réalité et représentation fictive. The Steam Room montre une pièce carrelée qui se dissout sous l’effet de la vapeur, puis réapparaît lentement. L’œuvre est initialement une installation in situ conçue pour la Parisian Laundry. Les participants devaient pénétrer un bunker pour faire l’expérience de l’installation vidéo, laquelle utilisait les propriétés sonores et structurelles de la chambre à vapeur.
Leigh Davis est originaire de Pittsburgh, Pennsylvanie. Après des études en beaux-arts, l’artiste obtient une maîtrise en photographie de l’Université Concordia en 2006. Récipiendaire de maintes bourses, son travail a fait partie de nombreuses expositions collectives et individuelles en Amérique du Nord, notamment à La Centrale Galerie Powerhouse et, plus récemment, à la Soapbox Gallery à New York. Ses photographies ont paru dans plusieurs magazines dont le New York Times Magazine, le Tokion et le New York Magazine. L’artiste enseigne présentement à la Parsons The New School for Design, New York. Elle vit et travaille à Brooklyn.

ROMEO GONGORA – Fort-Da (Ooo, Aaa) (2005) – Vidéo, 3 min. 14 sec.
Le travail de Romeo Gongora examine le langage en remettant en cause la capacité de la parole d’être le vecteur neutre de faits et de sentiments. Avec des images numériques, l’artiste construit des théâtres de poche ; petites pièces virtuelles et étriquées mais qui, paradoxalement, confèrent à ses protagonistes une grande dignité. Avec une intensité parfois poignante, les œuvres de Romeo Gongora explorent la question de la représentation, de l’authenticité des sentiments, de la fidélité du langage et de la perception de l’altérité. Fort-Da (Ooo, Aaa) illustre la poussée de colère non réprimée d’une jeune fille qui affronte sa mère. Par un geste interdit, elle performe une transgression du joug maternel et amorce ainsi symboliquement sa transition de l’adolescence à l’âge adulte.
Romeo Gongora est originaire de Montréal et travaille présentement à Berlin. En 2005, il a complété une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQÀM. Récipiendaire de nombreuses bourses, ses œuvres ont été exposées tant au Canada qu’à l’étranger. Récemment, il a été invité à travailler au Centro de la Imagen (Mexico) et au Centre Culturel de Neumünster (Luxembourg). En 2009, il a représenté le Canada au Künstlerhaus Bethanien (Berlin). Son travail sera présenté dans plusieurs expositions au Canada et en Europe en 2010.

MANON LABRECQUE – mécaniques affectives (2009) – Vidéo, 6 min. 08 sec.
Originalement une installation de 4 vidéos projetées simultanément et en boucle.
Manon Labrecque, avec toute l’ingéniosité qu’on lui connaît, travaille à créer des états, à susciter des sensations intérieures troublantes par l’invention de ses propres dispositifs de tournage vidéo qu’elle conjugue à des actions simples du corps. Dans une installation intitulée mécaniques affectives, combinant son et quatre projections simultanées, l’artiste propose une exploration du mouvement et de la fixité par le biais d’images vidéo dont les dispositifs de tournage mécanismes motorisés conçus par l’artiste permettant de réaliser des auto-tournages interagissent directement avec le corps de l’artiste. Dans ces courtes bandes, le sujet est immobile ou accomplit une action minimale, parfois répétitive, qui semble répondre ou même dialoguer avec l’objet enregistrant son image. Par cette œuvre, Manon Labrecque crée un univers psychique mécanisé appelant d’étranges affects.
Manon Labrecque vit et travaille à Montréal. Artiste multidisciplinaire reconnue tant au Québec qu’à l’étranger, son travail vidéo utilise l’action performative pour la création de vidéos expérimentales ainsi que d’installations. Elle présentait récemment son travail dans le cadre de quelques expositions majeures au Québec, dont Intrus/Intruders au Musée national des beaux-arts du Québec et La Triennale québécoise -Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme au Musée d’art contemporain de Montréal.

SØREN LOSE – Extrait de Home Video (2006) – Vidéo, 8 min. 11 sec.
Le travail photographique et vidéographique de Søren Lose s’intéresse aux relations existantes entre la mémoire, le temps, l’espace et l’identité afin de questionner la notion d’appartenance. Malgré que ses images ne contiennent aucune figure humaine, elles en contiennent néanmoins des traces qui révèlent une présence. Home Video s’inscrit dans le cadre d’une série d’œuvres dont le point de départ est Lolland, ville où l’artiste est né. Selon Lose, l’architecture et l’espace participent à la définition de l’identité et contribuent à la construction du sens de la collectivité. En visitant à maintes reprises un lieu, en examinant les traces, l’artiste est ainsi apte à interpréter cet espace et à lui donner une signification. Son travail cherche ainsi à valider une expérience vécue, à déceler une présence humaine.

Né à Nykøbing au Danemark, Søren Lose a obtenu son diplôme à la Royal Danish Art Academy of Fine Arts en 2003. Son travail a été largement présenté dans le cadre d’expositions individuelles et collectives au Canada, aux États-Unis ainsi qu’en Europe, notamment au Danemark, en Italie et en Allemagne. Ses œuvres font partie de plusieurs collections privées et publiques dont celles du National Museum of Photography – The Royal Library à Copenhague et du Aarhus Museum of Modern Art, Danemark. Lose est récipiendaire de plusieurs prix et bourses. Il vit et travaille actuellement à Berlin.

MIKA TAANILA – Novo Atlantis II (2009) – Vidéo, 11 min. 53 sec. Musique par AAvikko (Finlande)
Depuis plus de quinze ans, Mika Taanila s’intéresse aux expériences scientifiques, aux utopies, aux technologies hier révolutionnaires et aujourd’hui désuètes. C’est à partir de ces apparentes faillites qu’il construit une œuvre riche et complexe, qui intègre diverses disciplines tout en transcendant les limites ordinaires de celles-ci. Architecture, musique, science, philosophie, art et cinéma sont les éléments de base auxquels l’artiste impose un nouvel ordre. Son œuvre est tout entière nourrie de connexions, d’interactions, de collaborations : entre son et image, cinéma documentaire et expérimental, réalité et fiction. Ainsi élaborées, les œuvres de Taanila se révèlent d’une extraordinaire densité. Novo Antlantis II est un montage d’images d’archives 16 mm prises lors de la construction en 1962-1963 du Puijo Tower, le premier édifice futuriste en Scandinavie.

Cinéaste, réalisateur et artiste, Mika Taanila vit et travaille à Helsinki. Ses courts-métrages ont été présentés dans plus de 200 festivals et événements. Son travail est largement présenté à l’international, entre autres à Paris, à Zurich, à Helsinki et à Montréal. Récipiendaire de nombreux prix, il a participé aux biennales d’Istanbul, de Shanghai, de Venise et de Berlin, à Manifesta 4 (Allemagne), au Festival International du Film de Toronto, à Ars Electronica (Autriche), au Tempere Film Festival (Finlande) ainsi qu’à de nombreux autres festivals.