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  • Chris Marker

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The Hollow Men


Chris Marker (France)


Vernissage et présentation de l’œuvre de Chris Marker par Viva Paci,
le jeudi 16 novembre à 18 h.
L’exposition est présentée du 16 novembre au 16 décembre 2006
La galerie est ouverte du mardi au samedi de midi à 17 h

À ne pas manquer le 17 novembre à 21 h 15, les films Le Souvenir d’un avenir de Yannick Bellon et Chris Marker, et L’Héroïque cinématographe de Laurent Veray et Agnès de Sacy présentés à la Cinémathèque québécoise dans le cadre des neuvièmes RIDM, en collaboration avec le CRI.

The Hollow Men (2005) est l’œuvre la plus récente de Chris Marker, une icône française du cinéma et des nouveaux médias. The Hollow Men, une installation vidéo en boucle présentée sur huit moniteurs, est le prélude à une œuvre inspirée dans laquelle Marker prévoit colliger, sous le titre Owls at Noon, une histoire multisegmentaire du 20e siècle.

Depuis plus de cinquante ans, à différents titres et sous divers pseudonymes, Chris Marker s’est penché sur des sujets aussi intriqués que les paradoxes du temps, le processus sélectif de la mémoire et le poids de l’histoire. Rassemblant d’infimes détails souvent négligés par l’attention publique, Marker est notre généreux guide dans un jardin aux sentiers ramifiés, proposant une vision critique et une interprétation d’éléments éphémères disparates. Pour The Hollow Men, le point de départ est le poème du même titre écrit par T.S. Eliot en 1925. Marker a choisi l’expression solennelle que fait Eliot de la dévastation engendrée par la Première Guerre mondiale pour signifier le début du 20e siècle. Insinuant sa vision contemporaine dans celle d’Eliot, Marker entretient de multiples strates de souvenirs entremêlées de projections du futur, rappelant que la Première Guerre a déjà été perçue comme la guerre qui allait mettre fin à toutes les guerres. Des extraits du poème d’Eliot combinés à des archives visuelles soumises à l’expertise du tri markérien donnent à l’œuvre un ton de musée imaginaire dont le conservateur en chef préférerait, à la discrète conservation des objets, l’inconstance de la perception humaine et l’illumination de souvenirs perpétuellement réexaminés.

Au sujet de l’installation, Marker dit : « Des hiboux à midi, des oiseaux de nuit le jour, des choses, des objets, des images hors contexte mais qui pourtant sont là. Des feuillets, des cartes postales, des timbres, des graffitis, des photographies oubliées, des photogrammes volés au flot continu et insensé de la télévision (ce que je nomme le syndrome de Duchamp : ce 1/50 de seconde qui a échappé à tous, même à l’auteur, ce 1/50 de seconde devient mien). C’est de cette matière première, la petite caisse de l’histoire, que je tente d’extraire un parcours subjectif du 20e siècle. Tous s’entendent à l’effet que la Première Guerre mondiale serait le moment fondateur, le point d’ancrage, de cette ère et que c’est sur cette toile de fond que T.S. Eliot a écrit le très beau et désespéré poème The Hollow Men. Le « Prélude » à mon voyage sera donc une réflexion sur ce poème, mêlée à des images amassées dans les limbes de ma mémoire ».

Sarah Robayo Sheridan


Chris Marker est né en 1921 à Neuilly-sur-Seine, en France. Précurseur dans sa manière d’utiliser tous les médias disponibles, son expression artistique a croisé des disciplines allant du journalisme au cinéma, à la photographie, à l’art numérique. En 1953, il collaborait avec Alain Resnais à la réalisation du documentaire Statues Die Also, une critique des conséquences du colonialisme français sur l’art africain. Innovateur, il est reconnu pour avoir développé la forme de l’essai cinématographique. Entre autres films, notons, La Jetée (1962), Le Joli mai (1963), Grin Without a Cat (1977), Sans soleil (1982), Détour. Ceausescu (1990) et, plus récemment, The Case of the Grinning Cat (2004).

L’introduction de Viva Paci à The Hollow Men, intitulée Life is very long. Parcours dans l’œuvre de Chris Marker, proposera dans un long fondu enchaîné un parcours de l’œuvre de Marker. Chris Marker a à peu près soixante ans lorsqu’il conçoit et réalise la présentation multimédia Zapping Zone (Proposal for an Imaginary Television) et il n’a pas loin de quatre-vingt ans au moment où il invente le CD-ROM d’auteur, Immemory One. Pour toute l’année 2004, la patte de son chat et sa signature se retrouvent cinglantes et rassurantes dans le blog de Guillaume-en-Egypte (http://www.unregardmoderne.com/). Mais déjà à partir des années quarante sa plume revient fidèlement dans la revue Esprit et depuis les années cinquante ses films traversent continents et décennies.

Viva Paci termine actuellement la rédaction de sa thèse de doctorat intitulée De l’attraction au cinéma à l’Université de Montréal. Elle collabore au CRI et est membre de GRAFICS. Elle est chargée de cours en cinéma et en littérature à l’Université de Montréal ainsi qu’à l’Université de Bologne. Ses articles ont été publiés dans les revues internationales Cinéma & Cie, CiNéMAS, Intermédialités, Sociétés et représentations (CREDHESS), Comunicazioni sociali (Università Cattolica di Milano), Médiamorphoses (INA) ainsi que chez John Libbey (London) et Amsterdam University Press. Son livre Il Cinema di Chris Marker est paru en 2005 chez Hybris (Bologne). Elle prépare en ce moment, avec André Habib, L’Imprimerie du regard. Chris Marker et la technique qui paraîtra en 2007 chez L’Harmattan (Paris).

La présentation de Viva Paci et la diffusion des films aux RIDM sont organisées en collaboration avec le CRI (Centre de recherche sur l’intermédialité). L’exposition The Hollow Men de Chris Marker est mise en circulation par Prefix Institute for Contemporary Art, produite par Colin MacCabe, commissaire : Sarah Robayo Sheridan.




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