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  • Lorna Brown

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CLEAVE


Lorna Brown (Vancouver)


16 septembre au 17 octobre 1999

Les installations de Lorna Brown intègrent souvent plusieurs médias tels la photographie, le son, le texte, la vidéo ou d’importants éléments sculpturaux. Dans cette pratique singulière, c’est donc tout autant par la confrontation des matériaux ou des supports que par la rencontre des iconographies ou symboliques mises en place qu’émerge le sens de l’œuvre. Avec l’exposition Cleave, l’artiste a réuni quatre œuvres : Gravid, Cleave (sandbags, rocks, cleat et concrete), Little Girl et Cleave (book).

Pour Gravid, une installation vidéo composée de deux moniteurs, deux bras au corps absent portent d’un côté des plumes et de l’autre une pierre. De par le montage en boucle, l’endurance perdure, les bras vacillent mais jamais ne lâchent prise. Little Girl, sur un tout autre mode, explore aussi d’une manière paradoxale l’idée du poids, d’une performance impossible : des courroies en plastique, comme on en retrouve sur les plus banales sandales, sont attachées à d’épaisses semelles de marbre et, à ces chaussures farfelues, est juxtaposée une fronde, burlesquement hostile. La série d’images de grand format intitulée Cleave fait contrepoint à la satire. Des objets servant habituellement à amarrer un bateau sont posés dans un lit défait, un lit dont le sensuel drapé de velours rappelle la mer. Ces objets incongrus — un sac de ciment, des pierres, un ancrage — reposent là où se dessine, encore fraîche sur le drap, la trace d’un corps. En écho à ces images, un livre ouvert qui n’est pas sans rappeler la disposition d’oreillers à la tête d’un lit. Extrêmement minimalistes, les pages blanches de ce livre donnent à voir le mot « cleave », embossé, afin que même fermé réside au cœur de l’objet, un creux, un vide, une absence.

Curieusement, en anglais, « cleave » signifie tout autant « être fidèle à » ou « adhérer à » que « fendre », donc séparer, couper. Le projet de Lorna Brown s’inspire de ce paradoxe en explorant simultanément les notions d’attachement, de fidélité et de séparation. Se dégage de la juxtaposition de ces œuvres, et non sans ironie, un regard doux/amer sur le rapport amoureux, sur l’inévitable poids des choses.


Née en 1958, Lorna Brown vit et travaille à Vancouver. Ses œuvres ont été régulièrement présentées dans le cadre d’expositions personnelles. Mentionnons, entre autres, Character (Presentation House Gallery, Vancouver, 1993), Once Removed (Contemporary Art Gallery, Vancouver, 1992), Affect (Gallery 44, Toronto, 1991) et Reading (Artspeak Gallery, Vancouver, 1990). Elle a également participé à plusieurs expositions collectives dont Vancouver Perspectives (Fine Arts Museum, Taipei, Taiwan, 1997 et Yokohama Citizens Gallery, Yokohama, 1996), Urban Fictions (Presentation House Gallery, Vancouver, 1996), RX: Taking Our Medecine (Agnes Etherington Arts Centre, Kingston, 1995) et Les cent jours d’art contemporain, Vision 91 (Centre international d’art contemporain de Montréal, Montréal, 1991). Après avoir enseigné plusieurs années au Emily Carr Institute of Art and Design ainsi qu’à la Simon Fraser University’s School for contemporary Arts, Lorna Brown dirige actuellement Artspeak Gallery à Vancouver.




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